França boa da cabeça dança samba. Rio doente do pé faz propaganda do rock

La voix

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Lille et ses environs – Lille 3000 est lancé et en beauté. Samedi soir, des milliers de danseurs et musiciens ont envahi les rues de Lille pour une parade gigantesque. Plus de 240 000 personnes étaient massées tout le long du cortège …

 

 

 

Toute la rédaction de La Voix du Nord était éclatée aux quatre coins de la parade d’ouverture de Renaissance, samedi soir à Lille. Nos journalistes ont, comme le public, vécu l’événement de l’intérieur, voici leur ressenti sur le lancement de la nouvelle saison de lille3000. Partagerez-vous leur avis ?

ON A AIMÉ
Le délire. La fusion, le côté un peu foutraque et délirant qui offre une ambiance coréo-brésilienne à nulle autre pareille. « L’émergence d’un nouveau monde », pour reprendre l’expression de Didier Fusillier, le patron de lille3000.
Le rythme. Les pieds qui trépignent, l’irrésistible envie de se trémousser devant des danseuses intrépides et transportées, trépignant au son d’une torride samba. Que ce fut chaud!

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França exibe a música da ex-Capital do Samba que virou rock-Rio. Ce samedi soir, tous à Lille pour la grande parade!

 
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Cette fois on y est. Plus d’un an qu’on en parle, plusieurs mois que les préparatifs sont en cours. Après deux journées de vernissages et de découverte des expositions, place à la fête.

Quand le thème a été choisi par Martine Aubry et Didier Fusillier il y a trois ans, on ne pouvait prévoir que le contexte de l’année 2015 ne prêterait guère à rire. « Rappelez-vous les anges/démons de l’Europe XXL en 2009. Leur ambivalence, rose-angelot d’un côté, noir-démoniaque était quand même prémonitoire. Parce que là, on est plutôt tombé du côté du noir », remarque en aparté la maire de Lille. Aussi, se tournera-t-on avec d’autant plus de détermination vers ce qui pourra nous rendre un peu plus heureux, un peu moins neurasthéniques.

Renaissance, le mot, la chose, le moment pour se rappeler un peu d’histoire : l’Europe sort d’un Moyen Âge qui n’a certes pas toujours été rose (même s’il ne fut jamais un âge des ténèbres comme on le répète trop souvent) pour s’ouvrir vers le monde en accordant une plus grande place à l’homme.

Renaissance que ces mouvements, venus souvent des populations – les artistes en première ligne – qui insufflent de nouvelles pulsions de vie à ces villes nos voisines plus ou moins lointaines aux destins paradoxaux, souvent dramatiques, animés (perturbés) de forces contraires : Detroit, ruinée après avoir incarné le rêve américain, Eindhoven, vidée d’une partie de son énergie par le départ des industries, Phnom Penh qui a connu la catastrophe, Séoul, exténuée par son développement forcé, Rio avec ses réalités tellement contrastées. Voilà nos invitées avec lesquelles on va vivre quatre mois.

Samba, batucadas et fanfares aux couleurs de Rio

La recette fonctionnant – et plutôt bien – depuis 2004, il n’y a aucune raison de changer une formule qui gagne (jusqu’à la météo, quasiment à chaque fois au rendez-vous : il est fort, Didier Fusillier !). Lille3000 version 2015 commence ce soir, sur le coup de 20 h, par une parade, gratuite, dans un centre-ville dégagé des voitures (on évitera également les poussettes et autres voitures d’enfant).

Le trajet. Désormais bien identifié : départ de la gare Lille-Flandres, remontée de la rue Faidherbe, passage place du Théâtre, place du Général-de-Gaulle, rue Nationale, square Foch pour arriver au quai du Wault (voir le plan ci-dessous).
L’esprit général. Carnaval de Rio, rythmes samba, ondulations en tous genres autour de Trem Do Samba Rio, ensemble de danseurs et musiciens de l’école de samba Portela de Rio.

Sont annoncés : un millier de danseurs (professionnels et bénévoles), autant de musiciens avec batucadas (percussions traditionnelles du Brésil), harmonies d’ici et d’ailleurs, accordéonistes et autres fanfares à pied ou sur camions.
Spectacle de rue. La parade sera l’occasion de voir ces créatures des compagnies de spectacle de rue : poupées géantes et tambours de Transe Express, marionnettes lumineuses de Dundu, machines animées de Cloe Act, gonflables des Plasticiens volants, trois chars brésiliens, un char venu de Detroit… Des plateaux electro avec Dj’s seront place du Théâtre, rue Nationale (avec Art Point M), square Dutilleul.

Au total, on évoque une parade d’un bon kilomètre.

Le point final. Le feu d’artifice du Groupe F (familier des fêtes lilloises, le même qui a conçu le feu d’artifice sur la tour Eiffel le 14 juillet dernier). Pour terminer la nuit à l’After à la maison folie Moulins (jusqu’à 4 heures).
La foule. C’est toujours l’une des interrogations, on est forcément sur des estimations. Le 14 octobre 2006 pour Bombaysers de Lille, nous étions 200 000. Le 12 mars 2009 pour l’Europe XXL, 210 000. Le 6 octobre 2012 pour Fantastic: 300 000. À suivre.

 

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Transição energética, a transformação dos nossos padrões de produção e consumo, luta contra um ecocídio capitalista …

Se não fizermos nada, ninguém vai fazer isso por nós

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Tout le week-end, des milliers de personnes se réunissent à Paris à l’occasion de l’arrivée du tour de France Alternatiba. Avec cette première grande mobilisation citoyenne sur la route de la conférence climat de Paris, qui se tiendra en décembre, la société civile fait entendre sa voix, indispensable pour faire bouger les lignes.

Pas d’accord climat sans voix citoyenne ! Voilà, en somme, le message porté par la société civile à quelques semaines de la grande conférence de Paris (COP21). Un message qui résonnera ce weekend, à Paris, quand, à la faveur de l’arrivée du tour Alternatiba, commencera la série des grandes mobilisations citoyennes en amont des négociations o. cielles. Transition énergétique, transformation de nos modes de production et de consommation, lutte contre un capitalisme écocide… Syndicats et ONG en appellent à révolutionner notre modèle de développement. Tel est le double enjeu des mobilisations à venir : faire monter la pression sur les gouvernements du monde pour qu’ils signent un accord contraignant contre le réchau. ement climatique, sans les attendre pour construire des alternatives localement. Une coalition de plus de 130 organisations s’est formée sur cette idée : si l’on ne fait rien, personne ne le fera à notre place.

Yomasz Woloszyn

Yomasz Woloszyn

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A morte do projeto europeu

por Paul Krugman

Minotauro

Minotauro

Suponha que considera Tsipras um imbecil incompetente. Suponha que quer muito que o Syriza saia do poder. Suponha ainda que daria as boas vindas à saída destes chatos dos gregos do euro.

Mesmo que tudo seja verdade, esta lista de exigências do Eurogrupo é uma loucura. O “hastag” que circulou “ThisIsACoup” é exatamente isso. Vai da crueldade à pura vingança, à completa destruição da soberania e à desesperança e falta de alívio. Era, supostamente, uma oferta que a Grécia não podia aceitar; mas, mesmo assim, é uma traição grotesca a tudo aquilo que o projeto europeu deveria defender.

Haverá alguém que consiga tirar a Europa do limbo? Parece que Mario Draghi está a tentar introduzir alguma sanidade, que Hollande está finalmente a mostrar um pouco de oposição à moral económica alemã com a qual sempre concordou no passado. Mas muitos danos já foram causados. Quem pode confiar na boa vontade alemã depois disto?

Por um lado, a economia ficou quase secundarizada. Mas, mesmo assim, sejamos claros: o que aprendemos nestas últimas duas semanas é que ser um membro da zona euro significa que os credores podem destruir uma economia se sair da linha. E isto não tem nada a ver com austeridade. Sabemos que medidas duras de austeridade sem alívio da dívida é uma política condenada, independentemente do que o país possa estar disposto a aceitar. E neste caso mesmo uma capitulação total da Grécia seria um beco sem saída.

A Grécia vai conseguir uma saída bem-sucedida? A Alemanha vai tentar bloquear uma recuperação? (Infelizmente, este é o tipo de coisas que temos que perguntar.)

O projeto europeu – um projeto que sempre elogiei e apoiei – acaba de ser objeto de um terrível golpe, talvez fatal. E independentemente do que se pense do Syriza, ou da Grécia, não foram os gregos que provocaram esta situação.

Postado por Paula Cabeçadas/ Observatório da Grécia

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Quand Socrate débat de la dette grecque avec Angela Merkel

par Alexandre Sulzer

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L’Express a imaginé ce que pourraient être les échanges de points de vue entre le célèbre philosophe et la chancelière allemande. Un dialogue, (très très) librement inspiré du Criton.

– Angela Merkel: Que viens-tu faire à cette heure, Socrate? Il est encore très tôt, ne vois-tu pas?

– Socrate: Oui, il est encore très tôt.

– Mais enfin, qu’es-tu venu faire ici de si bonne heure?

– Retirer mon capital au distributeur comme tous les Athéniens que tu vois autour de toi, Angela.

– Comment expliquer tel phénomène?

– Il me faut, Angela, t’apporter une nouvelle pénible et accablante. La Grèce ne remboursera pas ses créanciers, par Zeus.

– Et sur quoi te fondes-tu pour affirmer cela, Socrate?

– Je m’en vais te le dire. Lorsqu’on est convenus avec quelqu’un comme le FMI d’une chose, à condition qu’elle soit juste, faut-il la faire ou peut-on la décevoir?

– Il faut la faire.

– Les règles que la Grèce a jusqu’ici mises en avant, elle ne peut les jeter maintenant par-dessus bord, sous prétexte qu’il lui est arrivé quelque chose d’imprévu. Cela posé, fais attention maintenant à ce qui en découle. Si nous nous y plions, sans avoir obtenu l’assentiment de la Cité, faisons-nous du tort à des gens, et précisément à des gens à qui il faudrait le moins en faire parce que leurs retraites ont déjà baissé, oui ou non?

– Dis-moi Socrate, le référendum que ton peuple envisage, est-ce autre chose que de porter préjudice à l’Europe? Crois-tu vraiment qu’un Etat arrive à subsister et à ne pas chavirer, lorsque les jugements rendus restent sans force, qu’il dépense au-delà de ses propres besoins et que les particuliers se permettent d’en saper l’autorité en ne payant pas leurs impôts et d’en tramer la perte? Allons donc Socrate, que reprochent les Grecs aux institutions européennes pour entreprendre de les mépriser ainsi? N’est-ce pas elles qui ont permis d’engendrer une Grèce moderne, de développer des routes et de belles infrastructures qui profitent au peuple?

– L’Europe nous a mis au monde, nourris, instruits, elle nous a, moi et les autres citoyens, fait bénéficier de la bonne organisation qu’elle était en mesure d’assurer. Je proclame pourtant qu’il est possible à tout Athénien qui le souhaite, après qu’il a été mis en possession de ses droits civiques et qu’il a pris connaissance de la vie publique, de quitter la zone euro, à supposer qu’elle ne lui plaise pas, en emportant ce qui est à lui et aller là où il le souhaite. Aucune loi n’y fait obstacle.

– Mais si la Grèce reste, expérience faite de la façon dont nous rendons la justice et dont nous administrons la zone euro, je déclare que désormais elle est vraiment d’accord avec nous pour faire ce que nous pourrions lui ordonner de faire. Et j’affirme que, si elle n’obéit pas, elle est coupable à deux titres: parce qu’elle se révolte contre la zone euro qui l’a élevée monétairement et enfin, parce que ayant convenu de nous obéir, elle ne nous obéit pas sans même chercher à nous faire changer d’avis et que, même si nous lui laissons le choix entre les deux possibilités suivantes: sortir de la zone euro ou nous obéir, elle ne se résout ni à l’une ni à l’autre.

– Mais dis-moi Angela. N’est-ce pas le souci de ce qui pourrait t’arriver à toi et tes amis des institutions financières qui t’empêche de laisser la Grèce à son libre jugement? Tu crains que les sycophantes de Bruxelles et Washington ne te suscitent des tracas en t’accusant de nous avoir laissés échapper à nos créanciers?

– Tu te trompes, Socrate. Délibérez, Grecs, puisque vous le souhaitez. Ou plutôt non, ce n’est pas le moment de délibérer, il faut avoir pris une décision. Il ne reste qu’un parti. Car, la nuit dernière, il fallait déjà que toute l’opération de remboursement soit menée à son terme. Si vous tardez encore, il n’y aura rien à faire. Alors Socrate, de toute façon, suivez mon conseil et ne dites pas non. L’avenir de l’Europe n’est pas en jeu dans ce référendum mais celui d’Athènes, oui. Et souviens-toi que tes dernières paroles à tes amis, après avoir avalé la ciguë, furent: “Criton, nous devons un coq à Asclépios. Payez cette dette, ne la négligez pas”.

 

Après le référendum grec, l’équation à plusieurs inconnues

liberation. grécia paixão francesa

Le scrutin de dimanche pose plusieurs questions dont les réponses détermineront le devenir politique, économique et social du pays, et son maintien ou non dans la zone euro. Pourtant, un accord est plus que jamais nécessaire et souhaitable.
La très nette victoire du «non» lors du référendum grec du 5 juillet a une seule conséquence politique certaine : elle empêchera que soient adoptés en l’état les deux projets d’accord rejetés par les Grecs, qui portaient sur le contenu des réformes à mettre en place en contrepartie de l’aide financière extérieure, ainsi que sur l’évolution du poids de la dette de la Grèce. Au delà, elles confrontent les Européens à une équation à plusieurs inconnues, dont la résolution déterminera si la Grèce peut ou non rester membre de la zone euro et, plus globalement, le futur …

La levée en masse du peuple grec contre l’austérité

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Malgré le chantage et les menaces d’étranglement financier, les Grecs ont opposé un non retentissant à leurs usuriers, comme les y invitait Alexis Tsipras. « OXI ! » ont-ils dit à toute nouvelle cure d’austérité, malgré la stratégie de terreur choisie par les eurocrates.

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«Nous sommes venus fêter la victoire du peuple grec, contre les diktats des financiers»

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por GÉRALD ROSSI/ HUMANITE.FR

Photo Gérald Rossi

Photo Gérald Rossi

Place de la République dimanche soir à Paris, quelques milliers de personnes ont manifesté leur solidarité et exprimé leur joie avant même de connaitre les résultats définitifs du référendum. Reportage.
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Pendant que radios et télés bourdonnent encore des résultats du référendum grec, la place de la République à Paris, se remplit. Il est à peine 21h30 ce dimanche 5 juillet, mais la victoire du non, « oxi » en grec, ne fait plus aucun doute. Ça et là des drapeaux se déploient, du PCF, du PG, de Ensemble, mais aussi d’autres organisations qui ne sont pas membres du Front de Gauche, comme le NPA, Attac, etc. Les petits groupes se transforment en petite foule de quelques milliers de personnes. On s’échange les dernières infos. Très vite des slogans sont repris à plusieurs voix comme cette « solidarité avec le peuple grec » qui court la foule comme une ola pas banale.
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« On vient pour fêter la victoire du peuple grec, la victoire du non, mais aussi aussi pour dire à François Hollande qu’il faut entendre ce qu’a dit clairement ce peuple dont la volonté est bien de rester dans l’union européenne mais avec des conditions qui doivent lui permettre de sortir de l’austérité. Lors des négociations à venir, il faut maintenant que la France parle d’une voie originale » résume David Proult, adjoint communiste au maire de Saint-Denis (93) venu avec quelques amis. Ensemble, ils veulent dénoncer « la violence de la campagne des adversaires du non; mais chaque fois que le débat porte sur des questions très sérieuses, c’est le risque. Souvenons nous des débats d’il y a dix ans, lors du référendum français sur le traité européen… »
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Eric est venu « en voisin, du 10e arrondissement » lui aussi pour « fêter la victoire du peuple grec, contre les dictats de la troïka, des financiers. Les grecs nous donnent là une belle leçon de démocratie et de courage ». D’autant plus, ajoute-t-il, « qu’ils ont du faire face à une campagne médiatique hors de propos. C’est bien de la haine de classe qui s’est déversée, en Grèce mais pas seulement… Maintenant il faut espérer que cette première victoire aura des répliques dans des pays comme l’Espagne, l’Irlande, mais aussi chez nous ».
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« C’est un Souffle d’espoir sur l’Europe » confirme Isabelle, venue de Vitry-sur-Seine. « Cette démonstration appelle a beaucoup d’audace chez nous aussi » poursuit-elle. « Et cela doit nous aider a en finir avec les sempiternels discours néo-libéraux selon lesquels les pauvres doivent toujours payer alors que les banques seraient de pauvres victimes … » insiste Sylvestre, un autre parisien.
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Le jour décline mais la foule grandit. Ça et là résonne maintenant l’Internationale. Arrive Jean-Luc Mélenchon, entouré de plusieurs responsables du Parti de Gauche dont Éric Coquerel et Danielle Simonnet. Sans sono, mais avec le relais sonore de militants qui comme lors des meetings populaires du 19e siècle se font portes voix, Jean-Luc Mélenchon note à son tour que les Grecs ont ouvert « une nouvelle page pour toute l’Europe » en dépit «des armes de désinformation massives ».
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Dans la foule, des anonymes circulent avec quelques pancartes bricolées à la va vite; « vive le peuple OXI » proclame l’une, « merci les grecs » affirme une autre, pendant qu’un grand format souhaite « long live the Greek democraty » (longue vie démocratie grecque). « Ce qui se passe là ce soir et en Grèce est simplement génial » souligne Theodoulitsa affirmant: « nous avons voté contre les politiques d’austérité. C’est un mouvement populaire qui ne fait que commencer ». Et comme le dit ce jeune homme venu les mains dans les poches, « sans carte d’adhérent, car je ne me retrouve pas complètement dans aucun des partis depuis quelques temps, ce qui s’est passé redonne des envies de bouger… »

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Référendum. L’oxi gêne

Dimanche, la Grèce a dit «non» («oxi») à plus de 60 % aux propositions de ses créanciers. Une victoire pour Tsípras qui plonge l’Union européenne dans l’inconnu.

Le grécia

por MARIA MALAGARDIS/ Libérarion/ Envoyée epéciale à Athènes

Trois lettres qui claquent : «oxi» – le «non» – l’emporte. Il gagnerait même nettement, avec plus de 60 % des suffrages après dépouillement des trois quarts des bulletins. Ce référendum historique s’est tenu dimanche à l’issue d’une campagne très tendue. Depuis l’annonce du scrutin il y a à peine une semaine, les opposants au Premier ministre, Aléxis Tsípras, comme la plupart des leaders européens, s’étaient en effet lancés dans une campagne acharnée pour menacer les Grecs du pire, en cas de réponse négative. Jamais lors d’un scrutin organisé dans un pays européen les interventions extérieures n’auront été aussi flagrantes.

MENACES ORALES

Les Grecs sont certes habitués aux ultimatums non négociables depuis le début de la crise de la dette en 2010, mais même à leur niveau d’électrochocs répétés, une telle pression est sans précédent. Menaces orales et asphyxie des liquidités ont créé un climat de psychose d’autant plus fort que le référendum s’est déroulé avec des banques fermées et un contrôle des capitaux. La victoire du non est donc significative et les leaders européens qui ont tenté d’imposer leur propre question (non pas l’acceptation ou non des réformes des créanciers mais un choix pour ou contre l’Europe) devront tirer les enseignements de ce scrutin.

Tout d’abord, malgré l’urgence et les défis supposés pour organiser ce référendum en cinq jours ouvrables, le gouvernement grec a réussi son pari : dans un pays facilement considéré comme bordélique (par les Grecs eux-mêmes d’ailleurs), le vote s’est déroulé dans le calme, sans incident, ni faux pas. Ensuite, la propagande de la peur et les déclarations maladroites jouent toujours contre ceux qui en abusent.

«Dans quel pays peut-on accepter sans broncher de voir Martin Schulz [le président du Parlement européen, ndlr] venir nous expliquer deux jours avant le vote que tout est plié, que le oui va gagner et que notre gouvernement va démissionner pour céder la place à des technocrates ?» s’insurgeait samedi Panagiotis, un ancien cadre dans une entreprise pharmaceutique licencié et devenu malgré lui chauffeur de taxi. «L’Europe est ma maison, ce n’est pas pour autant que j’ai envie que n’importe qui s’arroge le droit de venir dans ma chambre à coucher», s’indignait-il. «Pourquoi sont-ils à ce point vent debout contre le non, tous ceux qui ont toujours dit oui aux créanciers ?» s’agaçait de son côté Leonidas, quinquagénaire aux tempes grisonnantes en évoquant le ralliement au oui des conservateurs de Nouvelle Démocratie et des socialistes du Pasok, qui ont gouverné le pays depuis le début de la crise de la dette et jusqu’à la victoire de Syriza fin janvier.

Le premier gouvernement anti-austérité jamais élu en Europe a aussitôt entamé des négociations avec ses créanciers, lesquelles ont vite tourné au bras de fer, avant de sombrer dans l’impasse. C’est alors que Tsípras a décidé de la tenue du référendum sans avoir anticipé que les créanciers y répondraient par une déclaration de guerre. Même dans le camp du oui, certains l’admettent ouvertement : «Bien sûr, il s’agit d’une guerre contre la Grèce. Et alors ? Comment pouvons-nous la gagner ? Tout le monde sait qu’ils mettront leurs menaces à exécution et nous chasseront de l’eurozone en cas de victoire du non. Et moi, je n’ai pas envie de vivre dans un Cuba de l’Europe», soupirait Nikos, un informaticien qui a voté oui. Reste que le camp du oui péchait parfois par son pedigree social trop marqué. Comme cette pharmacienne du quartier chic de Kolonaki, tellement européenne qu’elle préfère converser en français. «Je déteste Tsípras», confesse-t-elle, avant d’ajouter : «Les gens de ce pays doivent apprendre à être plus modestes.»

«ASPHYXIE»

«Le non peut gagner, s’il est soutenu par les 3,5 millions de Grecs condamnés à vivre sous le seuil de pauvreté à la suite des mesures d’austérité et le million de ceux dont la dignité sera blessée par les menaces extérieures des leaders européens», estimait à la veille du week-end un membre du gouvernement.

«Les menaces et l’asphyxie de l’économie ont effrayé beaucoup de gens, explique Panagiotis, chauffeur malgré lui qui a également travaillé dans l’hôtellerie. Mais d’autres ont aussi en tête les réformes exigées par les créanciers. Supprimer l’allocation de solidarité aux retraités les plus pauvres ? C’est les condamner à mort. Quant à demander une TVA de 23 % sur l’hôtellerie, c’est en réalité la rendre moins compétitive, face à celle de la Turquie, par exemple, où la TVA est à 8 % et où les grands complexes hôteliers sont détenus par les Allemands.» Après la victoire du non, les créanciers vont-ils poursuivre la guerre ? François Hollande et Angela Merkel, qui doivent se voir ce lundi à Paris, réclament déjà un sommet de la zone euro mardi.

Manifestation de joie dimanche soir après les résultats du référendum donnant plus de 60% en faveur du non. (Photo Akavos Hatzistavrou.AFP)

Manifestation de joie dimanche soir après les résultats du référendum donnant plus de 60% en faveur du non. (Photo Akavos Hatzistavrou.AFP)
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L’οχι grec ou le retour du peuple en Europe

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Par Alexis Feertchak/ Figaro

Ce dimanche, à l’occasion du référendum en Grèce où les sondages donnaient le «oui» et le «non» au coude-à-coude, les partisans du «non» l’ont emporté à une écrasante majorité (plus de 61%).

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En avril 2012, Georges Moustaki éructait dans le Huffington Post: «J’espère que la Grèce va foutre le bordel. Ma sympathie va à cette attitude de contestation parce que ce n’est pas le peuple qui a créé la crise. Or, on lui fait en porter le poids. Finalement, c’est lui qui a le sens civique le plus développé, pas ceux qui veulent se conformer aux directives bruxelloises. Que le gouvernement grec ouvre grand ses yeux et ses oreilles».
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De façon posthume, le pâtre grec, qui s’est éteint l’année suivante, a été écouté: le Premier ministre Alexis Tsipras, dans un geste tout gaullien, a décidé de laisser le dernier mot au peuple et de remettre ainsi son mandat en jeu. Pari gagné largement, malgré les pressions européennes et médiatiques pour empêcher la victoire du «non», mais à quel prix?
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Le masque des institutions européennes tombe lourdement


L’ «οχι» grec de ce 5 juillet, lointain écho des «non» français et hollandais de 2005, force aujourd’hui l’Union européenne – et spécialement sa composante qu’est l’Union économique et monétaire de la zone euro – à révéler le rapport politique sous lequel elle entend placer les peuples et les nations d’Europe. Et une fois le masque tombé, le visage de l’Union n’est pas beau à voir. C’est le grand mérite d’Alexis Tsipras et de son ministre Yanis Varoufakis d’avoir forcé l’Eurogroupe – l’embryon de gouvernement de la Zone Euro – à dévoiler son fonctionnement au grand jour, loin des réunions informelles et feutrées auxquelles ce club ministériel était habitué. Cette révélation du vrai visage des institutions européennes est sans conteste l’une des premières leçons à retenir du référendum grec.
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Les Grecs, eux, ont consacré le fait que ce sont les peuples qui ont le dernier mot, et non les traités européens, qui valent tant que les peuples leur accordent leur onction.
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Le référendum, que le gouvernement Papandréou n’avait pas eu le courage de mener jusqu’à son terme en 2011, rappelle aussi aux zélotes de la Troïka européenne que la souveraineté appartient aux peuples, qu’elle ne saurait devenir «limitée» comme aux temps soviétiques de Léonid Brejnev. A ce titre, il faut bien mesurer que les Grecs ont donné l’estocade à Jean-Claude Juncker, qui avait déclaré sans sourciller qu’ «il ne pouvait y avoir de choix démocratique contre les traités». L’ancien Premier ministre luxembourgeois, aujourd’hui président de la Commission européenne, découvre ce 5 juillet 2015 que certains pays ne sont pas seulement peuplés de banquiers. Les Grecs, eux, ont consacré le fait que ce sont les peuples qui ont le dernier mot, et non les traités européens, qui valent tant que les peuples leur accordent leur onction.
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Le 3 août 1968, à Bratislava, lors d’une réunion du Pacte de Varsovie, le premier secrétaire du Parti communiste de l’Union soviétique introduisait par les mots qui suivent la «doctrine Brejnev» de la souveraineté limitée: «Chaque parti communiste est libre d’appliquer les principes du marxisme-léninisme et du socialisme dans son pays, mais il n’est pas libre de s’écarter de ces principes s’il entend rester un parti communiste. […] L’affaiblissement d’un maillon quelconque du système socialiste mondial affecte directement tous les pays socialistes, et ils ne sauraient y rester indifférents». Il fallut attendre 1988 pour que Mikhaïl Gorbatchev déclare que «la liberté de choix est un principe universel».
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Certes, les chars n’ont pas été envoyés à Athènes pour faire respecter la règle d’or budgétaire comme à Varsovie en 1968. Mais ces quelques lignes de Brejnev, si l’on se place, non à l’échelle du contenu idéologique, mais à celle de la structure de l’organisation décrite, sont du Jean-Claude Juncker dans le texte, lequel pourrait très bien déclarer: «Chaque Etat membre est libre d’appliquer les principes du droit de l’Union européenne dans son pays, mais il n’est pas libre de s’écarter de ces principes s’il entend rester un Etat membre. […] L’affaiblissement d’un maillon quelconque du système européen affecte directement tous les pays européens, et ils ne sauraient y rester indifférents». On voit bien les dérives possibles d’un tel discours dès lors que les principes européens s’appliquent erga omnes sans que les peuples souverains ne puissent rien y redire.
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Par leur vote, les Grecs ont révélé au grand jour l’aberration d’une telle conception de l’Europe, non soluble dans la démocratie et nécessairement autoritaire à l’égard des parties qui la composent, les Etats membres.

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Une victoire à la Pyrrhus pour la Grèce?
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D’aucuns considèrent déjà que ce succès du gouvernement d’Alexis Tsipras n’est qu’une victoire à la Pyrrhus pour la Grèce, que, par l’expression de sa colère, elle vient en réalité de s’expulser elle-même de la zone euro et de se tirer une balle dans le pied.
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Pourtant, dans la mesure où les traités sont muets sur ce point, personne ne peut en principe forcer la Grèce à quitter la zone euro ; elle seule peut décider souverainement d’une telle sortie. Lors, pourquoi a-t-on répété depuis une semaine que, alors même que le gouvernement et le peuple grecs ne le souhaitaient pas, un vote négatif entraînerait inévitablement un Grexit?
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Il faut bien comprendre qu’il s’agirait d’un Grexit de facto et non de jure – en tout cas tant que la Grèce ne le décidera pas d’elle-même. Comme Jacques Sapir ou d’autres économistes l’ont bien expliqué, d’une part, en renvoyant illégalement Yanis Varoufakis de l’Eurogroupe, la Grèce a été de fait suspendue de son appartenance à la zone euro. D’autre part, la Banque centrale européenne tient le robinet des liquidités de la zone euro via les prêts ELA qu’elle accorde aux banques: si elle coupe le robinet, ce qu’elle fait déjà en partie, les Grecs n’auront plus de liquidités et n’auront d’autre choix que de créer une nouvelle monnaie, parallèle, pour assurer ses besoins monétaires. C’est par ce dernier élément que la Grèce, si la Banque centrale européenne le voulait, pourrait être entrainée plus ou moins brutalement vers un grexit.
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Dans une tribune au magazine Forbes, Frances Coppola a très justement analysé les enjeux politiques d’un tel Grexit: en réalité, dans la mesure où la BCE restreint ses prêts ELA aux banques hellènes, tout se passe comme si la Grèce utilisait aujourd’hui l’euro comme une «monnaie étrangère» et non comme une «monnaie souveraine». Pis, dans la mesure où la souveraineté monétaire appartient exclusivement à la BCE, en réalité l’ensemble des pays membres de la zone euro utilisent ce dernier comme une monnaie étrangère. Ce que la crise grecque ajoute – et qui fait bien penser à un coup d’Etat financier – c’est que la BCE gère aujourd’hui les liquidités d’un pays membre de l’euro, non en fonction des besoins de ce dernier, mais parce qu’elle n’apprécie pas la politique économique dudit pays. C’est probablement la première fois qu’une telle chose se passe aussi ouvertement au sein d’une union monétaire. L’éditorialiste financière précise bien que le Grexit n’est pas «un événement, mais un processus», qu’il est d’ores et déjà engagé et que le référendum ne fait en somme que l’accélérer.
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Dès lors, le référendum n’est pas une victoire à la Pyrrhus pour les Grecs: au contraire, là encore, il a la vertu de mettre en lumière les agissements économiquement violents et politiquement douteux de l’union économique et monétaire, la zone euro, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui. Les Grecs avaient le choix entre souffrir sous tutelle et souffrir librement: le bon sens s’est exprimé. Si les prochaines années seront rudes, elles l’auraient été dans tous les cas.
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L’ «οχι» grec, une opportunité pour l’Europe

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Le pari d’Alexis Tsipras repose maintenant sur la réaction des institutions européennes et surtout de l’Allemagne face à l’ «οχι» lancé d’Athènes. Vont-ils acter définitivement la poursuite du Grexit, affermir encore la politique de la BCE et expulser manu militari la Grèce hors de l’Europe? Dans cette partie d’échec, le Premier ministre grec peut compter sur le soutien moral du pape François et surtout sur celui de Barack Obama, plus pratique, qui craint légitimement que la Grèce, sortie de l’euro, ne se jette dans les bras des BRICS, en particulier de la Russie et de la Chine.
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Jusque-là, en revanche, il n’a pas pu compter sur le soutien du président François Hollande, dont le mutisme, entrecoupé de propos rassurants sitôt contredits par les faits, est pour le moins inquiétant. C’est bien dommage, d’autant que François Hollande, en 2012, en souhaitant renégocier le Pacte budgétaire européen (TSCG) n’était pas dans une logique si éloignée de celle d’Alexis Tsipras, modulo la différence objective de situation économique entre la Grèce et la France. Mais depuis le discours du Bourget, les élans hollandiens ont perdu en intensité.
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En un sens, la Grèce, dont la dette publique atteint 170% de son PIB, est un peu à l’avant-garde des pays européens et elle éclaire surtout ce qui pourrait advenir pour eux demain. Quand ces pays, dont la France, seront sous la coupe de la Troïka et de ses méthodes musclées, les gouvernements changeront peut-être d’avis sur ce «populiste» de Tsipras et lui envieront in petto son courage et sa droiture.
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Au fond, même le FMI l’avoue à mi-mot aujourd’hui, sans aller jusqu’à «annuler la dette grecque» dans sa totalité comme le prône l’économiste hétérodoxe Steve Keen, il faudra bien a minima la restructurer en profondeur.
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Mais la chancelière Angela Merkel et son ministre Schaüble mettent leur strict véto à une telle hypothèse. Ils l’ont encore dit derechef après les résultats de la victoire d’ «οχι»: les négociations ont peu de chance de reprendre. C’est pourtant en s’opposant à cette absurde rigueur germanique, condamnée aujourd’hui par les économistes de toutes origines, que la France pourrait jouer un rôle historique en mettant au calendrier du Conseil européen le projet d’une restructuration concertée, non pas seulement de la dette grecque, mais de l’ensemble des dettes souveraines de la zone euro.
Ceci d’autant plus que la perspective d’un Brexit (cette fois-ci la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne) est l’occasion inespérée de soutenir le Premier ministre britannique David Cameron dans sa volonté de renégocier l’ensemble des traités européens, de les alléger et de réduire enfin le déficit démocratique grandissant d’une Europe qui ne tient plus compte de la souveraineté de ses peuples.
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N’est-ce pas finalement la grande vertu du référendum du 5 juillet et de l’ « οχι » grec que de signer en Europe le retour des peuples et des passions démocratiques?
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Bien des commentateurs ont voulu faire de la Grèce une simple affaire de gros sous entre des créanciers spoliés et des paresseux inaptes à rembourser leurs dettes ; combien se sont moqués d’Alexis Tsipras en prédisant qu’il se plierait dès les premiers jours aux injonctions européennes, comme l’avaient fait ses prédécesseurs. Dans De l’esprit des lois, Montesquieu écrivait que «les politiques grecs, qui vivaient dans le gouvernement populaire, ne reconnaissaient d’autre force qui pût le soutenir, que celle de la vertu. Ceux d’aujourd’hui ne nous parlent que de manufactures, de commerce, de finances, de richesses».
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N’est-ce pas finalement la grande vertu du référendum du 5 juillet et de l’ «οχι» grec que de signer en Europe le retour des peuples et des passions démocratiques? A bien y regarder, le «bordel foutu par la Grèce», pour reprendre l’espoir de Georges Moustaki, pourrait être une occasion inespérée pour l’Europe. Malheureusement, si Alexis Tsipras a su mener jusqu’au bout son élan gaullien, il faudrait que la France fût capable d’un geste analogue pour rééquilibrer le couple franco-allemand. L’espoir est ténu.

Llegó el día. El pueblo griego decide sobre su futuro: Dignidad o sometimiento

por Kaos

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El “sí” y el “no” están prácticamente empatados, con una diferencia de décimas. Según una encuesta del instituto demoscópico Public Issue para el diario Avgi, el 43 % de los griegos respalda el ‘no’ y el 42,5 % apoya el ‘sí’. El total de indecisos ronda el 9 %. Un resultado similar, aunque con una ligera ventaja del ‘sí’ lo da la empresa Alco para el diario Proto Thema, con un 41,7 % que apoya la propuesta de acuerdo y el 41,1 % que la rechaza. En esta encuesta, un 10,7 % se declara indeciso. El primer ministro Alexis Tsipras llamó hoy a los griegos y griegas a ignorar “los chantajes” y votar en el referendo del domingo por el “no”.

Por otra parte se ha recibido el último viernes una inesperada y extraordinaria ayuda política del Fondo Monetario Internacional (FMI) que, en un detallado informe sobre la situación económica del país heleno, admitió que la deuda externa de 300.000 millones de euros es impagable y requiere de una nueva reestructuración.

Concretamente: Hubo una sorpresiva oferta del FMI a Grecia en vísperas del referéndum, con oferta de quita de deuda del 30 por ciento.

El organismo multilateral de crédito ha dicho que Grecia necesitará una nueva ayuda financiera de 60.000 millones de euros en los próximos tres años, al tiempo que pidió que Europa garantice un alivio de la deuda de Atenas, ampliando de 20 a 40 años el pago de los vencimientos previstos.

Si bien el Fondo culpa a Syriza y a Tsipras de haber conducido a su país a la histórica crisis en la que se debate en estas horas, el documento producido por sus técnicos y emitido por el organismo de manera oficial podía ser una señal de diferencias al interior del propio FMI y de una parte de éste con los acreedores.

El informe precisa que incluso antes de la ruptura sancionada esta semana por Atenas al convocar el referendum, Grecia necesita 29.300 millones de euros, que deberían ser provistos por sus propios acreedores, para hacer frente a los vencimientos de deuda de los 12 meses a contar desde octubre próximo.

En cualquier caso, la publicación del texto en la página web oficial del FMI revela una iniciativa política que tiene la mira puesta en el día siguiente de la celebración del referéndum, o sea el próximo lunes, y que parecería apuntar en el mismo sentido que las advertencias del presidente estadounidense, Barack Obama, quien ha insistido la semana pasada en la necesidad ineludible de arribar a un acuerdo urgente con Grecia.

Evidentemente, Alemania, con su canciller, Angela Merkel, a la cabeza de la Eurozona y de la Unión Europea, rechaza cualquier tipo de renegociación con Atenas que contemple aceptar una reestructuración de la deuda si Tsipras no accede a cumplir a rajatabla con la imposición del programa de austeridad propuesto por sus acreedores.

Políticamente, esto significa un cambio del gobierno griego, es decir, un desplazamiento de Syriza del poder y su reemplazo por una nueva coalición que acepte sin remilgos los términos del rescate que venció el último día de junio y que supone continuar y profundizar las privatizaciones, recortar pensiones, liberalizar aún más el mercado de trabajo y proceder a recortes en profundidad en los gastos sociales del Estado.

La negativa a aplicar semejante carnicería económico-social fue lo que llevó a Tsipras a apelar al mecanismo del referéndum para evitar la ruptura entre las alas izquierdista y moderada de Syriza, que hubiera provocado la pérdida de la mayoría parlamentaria y con ello la caída de su gobierno.
Pero al “Sí” que propugna la derecha en el referéndum y que significa aceptar dicho plan, Tsipras ha opuesto un “No” no para romper con la Eurozona sino para reforzar su posición y replantear la negociación con las huestes acreedoras comandadas por Merkel.

La orientación de Tsipras, hasta el momento, parece más una ilusión que una idea con asidero en la realidad de las fuerzas en pugna, ya que Grecia y su gobierno están con la soga al cuello pues tras no pagar el vencimiento de 1.500 millones al FMI el martes pasado, el funcionamiento del sistema bancario y la provisión de liquidez están al borde del abismo.

El “corralito” y el cierre de los bancos hasta después del referéndum, una medida de control de cambios, fue tomada por el gobierno contra su voluntad y debido a la negativa del BCE, por orden de Berlín, de congelar el monto de las líneas de asistencia de liquidez a las entidades financieras griegas, una medida diseñada para obligar a Syriza y Grecia a rendirse ante los acreedores.

Alemania es junto a Francia y a la mayoría de los países de la UE acreedora de 160.000 millones de euros. No acepta perder dinero y, mucho menos, arriesgarse a que otros países deudores como Italia, España, Portugal o Irlanda, sean tentados a seguir el mismo camino de rebeldía que los helenos.
Pero el estallido político de la crisis de la deuda de Grecia ya no es una cuestión nacional sino europea. Si Atenas se adentra en una catástrofe económica y también política, Europa ya ha entrado en una crisis política tras el llamado al referéndum.